Site Dragon

La maquette Dragon est plutôt de bonne facture, néanmoins, je ne la conseillerais pas à un maquettiste débutant, que j’orienterais plutôt vers les dernières productions Tamiya, peut être un poil moins détaillées, mais plus faciles à monter.

La notice demande à être étudiée. Elle est plutôt à considérer, comme un guide de montage, ou la documentation personnelle sur le sujet, sera nécessaire pour mener le projet à son terme. Certaines pièces, par exemple, pourtant présentes sur les grappes, sont omises sur la notice, étrange ?

C’est donc nanti du livre Armor PhotoGallery M4A2 Sherman  Part 1 (ISBN 83-920254-4-X) que je ferais ce montage. D’après les photos de la bataille de Tarawa , il apparaît quelques omissions de taille, sur le modèle de M4A2 des Marines, représenté par Dragon. Comme le montre cette photo : http://www.tarawaontheweb.org:80/charlie.jpg Ces chars étaient équipés d’un rack de 8 Jerrycans d’eau potable sur le glacis arrière, ainsi que de minis gardes boues. Pour les Jerrycans, Tamiya et surtout Italeri (Kit N°402) fournissent ça en aftermarket. Pour les gardes boues, il faudra faire appel à la carte plastique. Je passe sur les barres, tout en bas, au ras du sol, et sur les quelles je n'ai pas la moindre documentation ?

Dragon, sur leur site, annonce que le packaging des chenilles, abîme les dents. Effectivement, certaines étaient légèrement  tordues :

Mais conformément aux instructions, je les ais trempé dans l’eau (très) chaude, et tout est rentré dans l’ordre. Ce Polystyrène DS100 est vraiment très bien. Inutile d’aller voir du coté de Friul Model, pour des chenilles en métal blanc.

La seconde étape a été de peindre sur grappe, l’intérieur de certaines pièces du train de roulement VVSS :

Un choix que je ne regretterais pas, car en effet, il s’avérera qu’une fois monté, cela reste bien peu accessible. A noter que Dragon fourni les 4 boulons maintenant les guides chaînes (V33), ils ne sont tous simplement pas précisés sur la notice ! Au passage, pour venir à bout du joint de moulage disgracieux ornant ces guides (V6), la solution la plus rapide est la mini lime ronde.

Le montage de la partie inférieure du glacis avant demande de l’organisation, L’ajustage est très bon, mais pour en tirer parti, il faut coller, petit à petit, les éléments qui auront été au préalable, parfaitement positionnés en s’aidant de serre joint miniatures. Le collage se faisant par capillarité  avec de la colle extra liquide. Si le travail est bien fait, le haut et le bas de la caisse s’ajusteront à merveille. Le seul hic sera le positionnement des carters latéraux de transmission (A29), qui doivent affleurer l'avant de la piéce G, et non pas se retrouver 1,5mm trop en arrière comme c’est le cas. Il faut donc scier les axes et les tenons pour repositionner l’ensemble plus en avant. Inutile d’avoir peur pour la tension des chenilles, Dragon ayant représenté le tensionneur fonctionnel (A66).

J’ai peint le dessous de la caisse, avant le collage des trains VVSS, encore une fois dans l’esprit de ne pas me retrouver masquer, lors de la peinture finale à l’aérographe. La base de la peinture et l'Olive Drab de Tamiya, XF-62, éclairci avec un dé à coudre de Blanc Mat XF-2. Il faut toujours peindre plus clair pour prévoir le foncement de la maquette avec les phase de weathering.

Un mot sur la dilution pour le travail à l'aérographe : Au début, on ne dilue jamais assez... Pour un pot neuf de Tamiya, il convient de diluer facilement à 30% de Thinner X-20A, voir plus en fonction de la teinte. Même la Prince August Air mérite d'être diluée pour les travaux fins. Avec un aérographe Aztec, je souffle de 1 à 1,7 bars, suivant que le mélange soit très dilué, ou pas. Le verni mat Xtracrylix, excellent, se dilue à 60% d'eau pour sortir proprement ! Lorsque l'on travaille avec des pressions faibles sur des mélanges très dilués, il est obligatoire de fixer la peinture par une couche de vernis mat, si l'on veut faire de la patine par dessus. Sinon l'accroche n'est pas garantie en cas de jus sévère.

Revenont à notre Sherman... Le simili « brut de fonderie » de la tourelle est superbe, mais on reste dubitatif devant les joints disgracieux entourant la trappe à pistolet (moule à tiroir), et celui du plan de collage sur la nuque. En fait ils disparaîtront assez facilement, après un ponçage et un limage en règle, et une peinture rugueuse, à l’aide de Mastic Mr Surfacer 500. Ce dernier ce diluant facilement à l’acétone.

Pour les gardes boues arrières, j’ai utilisé de la carte plastique Evergreen très fine, découpée à la bonne largeur avec un mini massicot Fiskars, trouvé chez Carrefour, et percé avec un porte foré Tamiya en me servant des pièces en photo découpe originale comme gabarit. J’ai choisi de les laisser dépasser de 1,5mm, mais je me demande si ce n’est pas trop. Pour le rack à Jerrycan, j’ai commencé par assembler 8 bidons Italeri, pour avoir la taille du bout de carte à découper, que j'ai bordé de bande plastique.

N’ayant pas de photos précises du montage, la réalisation tient plus de l’interprétation que d’autre chose. J’ai donc confectionné deux boucles rectangulaires en fil de laiton, enchâssées dans une bande de photo découpe de récupération repliée, qui serviront ultérieurement, à maintenir une sangle.

 

On pourra ensuite attaquer le détaillage. Les poignées sont refaites en fil de cuivre, les charnières des trappes sont rendues fonctionnelles par perçage et rajout d’axes. Les protections des phares arrière sont faites en fil de cuivre aplati par serrage avec une pince plate, associé à une petite bande de carte plastique. L’ensemble des pièces transparentes est masqué la ou c’est nécessaire, avant collage. Le fil d’alimentation de la sirène est rajouté. Sirène dont il manque la grille avant. Une piéce non réalisée par Dragon, et ou je n’ai pas de solution pour le moment ! 

Les gardes boues en laiton se mettent en forme facilement, en les roulant avec la poignée ronde d’un couteau X-Acto sur une surface plane. Bien que le collage final soit toujours effectué à la Cyanoacrylate, il est possible de mettre en place très précisément les éléments en photodécoupe fins, comme les protections de feux, à la colle Tamiya liquide. On rajoute la Cyano après, avec un applicateur fin de son choix (cure-dent). Il a fallut combler avec des bandes de plastique, et du mastic, l’espace entre la rangée de boulons surplombant le carter de transmission, et la caisse. Ceci n’est pas nécessaire si l’on choisi de faire affleurer les boulons, dans ce cas, l'ajustage est bon. J’ai vu des photos avec les deux types de montages, a vous de faire un choix. Ayant perdu un anneaux de fixation des sangle situées sur la nuque de tourelle, j’ai du refaire les 3 du bas, ce qui est une perte de temps, les pièces d’origines étant superbes. Pour donner du volume aux sangles en photodécoupe, il faut les plier au ras des boucles, dans un sens puis dans l'autre, avec un micro décalage (0,5mm) en s'aidant d'une pince plate.

 

Conformément aux photos en ma possession, j’ai supprimé la partie en relief entourant le plan de joint passant sous les sangles.

A ce stade, il ne reste plus, à l’aide d’un pinceau fin, qu’à refaire des soudures au mastic Tamiya dilué à l'acétone, ou au MrSurfacer, avant d’attaquer la peinture finale à l’olive drab éclaircie.

Comme toutes les maquettes unis, c’est fade. Il faut eclaircir ton sur ton en vaporisant un mélange très dilué, au centre des panneaux, pour obtenir un ombrage.

Le faible recouvrement de la peinture, diluée à 80%, facilite la tache. On a droit à des erreurs, car pour vraiment marquer, il faut repasser plusieurs fois.

Maintenant, vient la pose des décalcomanies. On commence par vernir brillant, afin d’éviter toute bulle d’air, (Tamiya X-22), on pose les stencils, et on reverni mat par-dessus. Hélas le film est assez épais, même en découpant à ras, à moins de le faire lettre par lettre, le film se verra en sur épaisseur. La seule méthode, c’est de le noyer dans une couche épaisse de vernis brillant, avant de finir par le matter.

Attention !!! Il faut un état de surface parfaitement brillant ! Dans mon cas, j’ai du recommencer l’ensemble de la peinture car un décalcomanie à « bullé », et je n’ai pas réussi à le décoller proprement, même au scotch ! Grrrr...

J’en ai profité pour moins forcer l'ombrage.

Il est maintenant primordial de laisser sécher 48 à 72 heures la peinture acrylique, pour passer à l’étape suivant, celle du jus qui se fera à la Humbrol diluée.

En attendant, les chenilles sont peintes à la bombe en German Grey (Tam TS-4), et elles sont aussi mises de coté pour un séchage en profondeur, vu les manipulations qu'elles devront subir.

Le jus est une technique qui permet d'assombris les creux, elle se réalise à la peinture enamel. Son effet secondaire est aussi d’assombrir la maquette, agissant comme un filtre. On prépare un fond de pot à yaourt de white spirit, dans lequel on mélange de l’Olive drab, du gris panzer assombri au noir mat, tout en gardant une consistance proche de l’eau. A l’aide d’un pinceau brosse, on badigeonne l’ensemble de la maquette du canon aux roues, et on laisse reposer. Le mélange doit encore être fait ton sur ton, et non pas uniquement à base de noir mat. Les jus passent mieux sur une peinture matte. Si on le désire, on peut aussi traiter localement les creux, les lignes, à l'aide d'un pinceaux trés fin, pour encore accentuer le crontraste.

Les chenilles, reçoivent le même jus, avant d’êtres empoussiérées avec du pigment MIG "Standard Rust" (P025) dans un premier temps, puis "Black Smoke" (P023). La partie saillante des patins, étant peinte en Gun Metal Prince August.

Le dry brushing est léger, effectué encore ton sur ton, avec une nuance plus claire d’US Dark Green (116) de Humbrol.

L’ensemble char et chenille est vernis mat pour fixer la patine, et uniformiser les reflexions de lumiére.

Le câble de tractage est mis en forme sur la caisse, puis il est peint en noir mat, et frotté au gun metal, avant d’être positionné définitivement à la cyanocrylate. J’ai réalisé quelques points de peinture marron sur la caisse, aux endroits ou il frotte pour simuler la rouille en résultant. Les piéces simulant les anneaux de tractages (A45) sont à reprendres. Celle de l'arriére doit être creusée pour que le cable soit masqué lorsque la piéce sera mise en place sur la caisse. Quand à celle de l'avant, la solution la plus simple est de récupérer l'anneau sur la pièce Dragon, est de le recoller sur un bout de tige evergreen rond, préalablement percé, pour y glisser le câble à l'interieur.

Vient maintenant l’empoussiérage "sévére" au pigment Mig "Beach Sand" P030 à l’aide d’un pinceau plat.

Les chenilles sont empoussiérées à part. Une couche de vernis mat va fixer les pigments, et effacer un peut (pas mal !) l’aspect trop sale du char à mon goût :

Il faut néanmoins retraiter le train roulant plus subtilement, toujours au "Beach Sand", en fixant les pigments à l'essence F (Zippo). Cette dernière, ne faisant pas disparaître ces derniers après séchage. Le haut de la caisse est aussi frotté à nouveau aux pigments, mais en utilisant la technique du pinceau sec. Le but, est d'éclaircir les parties saillantes, et de ne surtout pas faire de traces.

En passant... Quand on dit fixer les pigments à l'essence F, c'est un bien grand mot. Disons que ça évitera aux dépôts de pigment de s'effriter à la moindre occasion, par contre, si l'on pose ses doigts, ça marquera toujours. Manipuler la maquette n'est donc pas aisé.

On remarque la position "en l'air" de certains boggies VVSS. Le poids du char est trop faible pour appuyer convenablement sur le sol, il faut lester. L'autre solution serait de coller proprement les trains dans la position voulue. Je préfère la première solution, moins dangereuse, à ce stade du montage.

Cela ne se voit pas sur la photo, la lumière des flashs n'étant pas flatteuse, mais le vert n'est plus du tout uniforme. Il est très nuancé, comme ayant reçu une usure naturelle, et non pas exagérée. L'ombrage est une technique intéressante est obligatoire à mon avis, mais il faut que son travail continu à ressembler à un char, et non pas à une maquette de char ! On voit souvent, dans les magazines, des chefs d'œuvres de technicité, mais hélas, qui ne ressemblent plus du tout à la réalité. Même, si cela est un peux moins vrai avec les blindés, qui sont plus permissifs à ce sujet, que les avions.

Ma peinture manque cruellement d'éraflures. J'aurais du les faires plus tôt, mais je n'avais pas assez d'assurance pour être sur de mon coup. J'ai donc préféré m'abstenir. On verra, lors de mon prochain montage ;-)

Les Jerrycans contenaient de l'eau potable, plutôt rare à Tarawa. Pour les démarquer de ceux contenant du Gasoil, ils étaient ornés d'un carré blanc à reproduire sur les deux bidons externes. Pour obtenir du volume, un post ombrage est necessaire. Il faut donc commencer par peindre les bidons en Olive Drab éclaircie avec un poil de blanc, avant de reprendre les angles et les creux à l'aérographe avec la teinte de base ultra diluée (75% mini). Le carré blanc est volontairement peint de maniére pas trop symétrique.

La sangle est réalisé dans de la feuille d'étain récupérée sur une capsule de bouteille de vin. Le lot de bord est détaillé avec des attaches en photodécoupe de récupération. On place la mitailleuse coaxiale de tourelle peinte en noire et frotté à la mine 6B.

Il ne reste plus que le pot d'échappement et ses salisures, le M4A2 étant propulsé par un moteur en ligne diesel.

 à suivre